Milvignes refuse la fermeture de ses offices de poste

RÉSEAU POSTAL - Les bureaux de poste des trois villages formant la commune de Milvignes sont menacés. Pour ceux d’Auvernier et de Bôle, la décision est prise. Celui de Colombier bénéficie d’un sursis. Le Conseil communal a entamé un bras de fer avec La Poste. Il rejette toute fermeture. Mais la Poste cherche déjà des partenaires privés pour un service alternatif.


La commune de Milvignes risque de perdre à brève échéance deux de ses trois offices postaux. Le Conseil communal est «déterminé à protéger les citoyens contre la perte d’une prestation importante», affirme son président, Grégory Jaquet.

Vous négociez avec le géant jaune depuis des mois. Avec quels résultats?
Après l’alerte de Syndicom, en janvier dernier, confirmée en mai, nous avons vite compris que deux de nos offices postaux (Auvernier et Bôle), voire les trois, étaient menacés. Fin août le Conseil communal in corpore a reçu le responsable régional, Jean-Marc Zürcher. Nous voulions nous informer sur les intentions de La Poste. Ce cadre nous a annoncé que La Poste avait décidé de fermer Bôle et Auvernier et de «protéger» Colombier… jusqu’en 2020! Et il nous a demandé d’aider La Poste à trouver des commerçants prêts à servir d’agence postale.

N’était-ce pas une preuve de bonne volonté?
Le dialogue est toujours resté courtois. Mais sur le fond, cela ne va pas. Nous estimons que la question du service public est de notre compétence. La Poste veut parler du remède, avant que nous ayions pu parler de la maladie.

Mais n’est-il pas évident que La Poste, comme toute entreprise, ne peut pas maintenir des structures non rentables?
Je vais être brutal: la logique entrepreneuriale que La Poste met en avant ne plaît… qu’à La Poste. Est-ce que nous cessons de déneiger les routes parce que ce n’est pas rentable? Même le Parlement fédéral s’inquiète.

Où en est le dossier?
Le 21 décembre, nous avons signifié officiellement notre refus de la fermeture de nos trois offices postaux,à tout le moins jusqu’à l’aboutissement des travaux de la commission qui doit plancher sur la question au plan fédéral.

Vous n’êtes pas tendre avec La Poste qui, selon vous, tire des «conclusions malhonnêtes» de vos échanges.
Dans sa réponse, datée du 11 janvier, Thomas Baur, haut cadre de La Poste responsable du secteur réseau postal, tire de notre refus de toute fermeture la conclusion que nous ne soutenons pas «la mise en place d’une alternative sous la forme d’une filiale en partenariat». Ce raisonnement biaisé nous attribue des intentions que nous n’avons jamais eues. S’il était question de fermer une école, on ne justifierait pas cette décision par la proposition d’un instituteur d’accueillir les élèves chez lui. Or c’est ce que La Poste nous demande de faire: discuter avec l’enseignant sympa et aller expliquer à la population qu’on va fermer l’école puisque l’instituteur est d’accord d’accueillir les élèves chez lui. C’est absurde.

N’est-il pas temps de négocier des alternatives, puisque la décision est prise?
Nous discuterons des alternatives le jour où une décision définitive et irrévocable aura été prise. Pas avant. Et nous n’allons pas nous laisser impressionner par des sophismes.

Qu’est-ce qui vous fait croire que votre combat n’est pas déjà perdu?
Ces derniers mois, nous avons beaucoup appris. Nous nous sommes informés et même formés. Nous avons étudié les prises de position des syndicats et des autres collectivités publiques communales et cantonales. Nous suivons les débats parlementaires. Nous avons rencontré des communes alémaniques qui ont perdu ce bras de fer, et d’autres qui l’ont gagné. Cela, et surtout la pétition signée par mille de nos concitoyens,nous conforte dans l’idée que la résistance n’est pas vaine.

Mais, à la fin, c’est quand même La Poste qui décide, non?
Dans son dernier courrier, Thomas Baur annonce que La Poste «entend poursuivre le processus en cours pour les offices d’Auvernier et de Bôle» – en clair, préparer leur fermeture. D’ici peu, La Poste va nous confirmer officiellement la décision de fermeture. Nous aurons la possibilité de recourir, et nous le ferons. Postcom a six mois pour rendre son verdict, que La Poste n’est pas tenue de respecter. Donc, oui, à la fin,c’est bien La Poste qui décide.

ArcInfo -

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