Énergie nucléaire
C’est ce qui s’appelle avoir le sens du calendrier. Le Conseil des États a choisi ce mercredi 11 mars, date du sinistre quinzième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, pour prôner une relance de la filière nucléaire en Suisse. C’est soit avoir une lecture toute particulière et oublieuse de l’histoire, soit faire montre d’un cynisme déconcertant. Mais qui s’inscrit dans un contexte international: mardi, la présidente de la commission européenne, Ursula von der Leyen, a considéré lors d’un raout favorable à l’atome et piloté par le peu visionnaire Emmanuel Macron que réduire la part du nucléaire en Europe avait été «une erreur stratégique». Les grands esprits se rencontrent.
La Commission de l’environnement et de l’énergie (CENEN) a terminé les travaux d’examen de la loi sur l’énergie (LVLEne), un projet emblématique de la législature 2022-2027. Après 21 séances et de nombreuses auditions, la commission propose plus de 70 amendements pour affiner la loi, tout en soutenant ses principaux objectifs, soit diminuer les rejets de CO2 et sécuriser l’approvisionnement énergétique du canton. Elle recommande d’accepter l’entrée en matière sur le projet de loi et de soutenir en vote final le projet tel qu’amendé par ses soins.
Plusieurs délégué·es autochtones ont averti en Suisse des désastres pour le climat, l’environnement et les communautés de gazoducs financés par des banques helvétiques.
Les œuvres d’entraide exigent la justice climatique.
Jusqu’à il y a quelques mois, les gros consommateurs d’électricité étaient considérés par certains chantres du libre marché comme les premiers chanceux à pouvoir bénéficier de tarifs avantageux alors que ménages et petites PME, prisonniers du marché régulé, devaient, eux, débourser davantage pour les mêmes électrons en attendant une libéralisation complète du marché. La suite, on la connaît.
Vendredi 21 octobre, Emmanuel Macron a annoncé que « la France avait décidé de se retirer du Traité sur la charte de l’énergie », ce Traité qui retarde, renchérit ou bloque la transition énergétique. C’est sans doute l’une des premières fois que des règles ou institutions nés avec la mondialisation sont officiellement reconnues comme antinomiques avec la lutte contre le réchauffement climatique. Voilà une brèche importante.
Selon une étude récente, un individu faisant partie du club des 0,01% les plus riches émet 1660 fois plus de CO2 qu’une personne de la moitié la moins nantie de la planète. Les 0,01% les plus fortunés, soit près de 770’000 personnes, émettent chacun l’équivalent en CO2 de plus de cent vols aller-retour en classe économique entre Londres et New York par mois pendant une année… Ici, avion décollant au-dessus de jets privés à l’aéroport de Genève.
Plutôt qu’une aide aux ménages, c’est une restructuration totale du marché de l’électricité qui est urgente, selon le PS.