Les inégalités salariales se renforcent en Suisse

En Suisse, les disparités salariales continuent d’augmenter, dénonce l’Union syndicale suisse. L’organisation propose cinq remèdes.
En Suisse, les salaires élevés ont augmenté de près de 20% entre 2000 et 2010 alors que les bas salaires ont progressé de 5,5%. Les différences de fortune sont restées extrêmes, même pendant la crise.

2,6% de la population possède 50% de la fortune, selon le rapport 2012 de l’Union syndicale suisse (USS) sur la répartition des revenus et de la fortune présenté lundi à Berne. La Suisse fait ainsi partie des pays les plus inégalitaires du monde.
En 2010, une famille de quatre personnes avec un revenu élevé avait, après déduction du renchérissement, 15 000 francs de plus à disposition que dix ans auparavant; la même famille, mais à bas revenu, avait quant à elle 1300 francs seulement de plus à disposition.
Les hauts salaires ont augmenté de 18,7%, passant de 19 700 francs en 2000 à 23 400 en 2010. La progression est de 5,5% seulement pour les bas salaires qui ont passé d’environ 3700 à 3900 pendant la même période. L’augmentation est encore plus faible pour les salaires moyens qui sont passés de 4800 à 5000 en 10 ans, soit une augmentation de 4,1%.

Fiscalité favorable
L’écart n’a cessé de se creuser depuis les années 1990. Les salaires élevés ont augmenté de plus de 33% et les bas salaires de 9% alors que les salaires moyens ne progressaient que de 7%. Pour Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l’USS, plusieurs facteurs expliquent cette évolution. «Les hauts salaires ont beaucoup plus augmenté que les autres. S’y ajoute une politique fiscale favorable aux couches supérieures de la société», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Berne. Les hauts et très hauts revenus ont profité de baisses d’impôts sur le revenu et la fortune. En revanche les moyens et bas revenus ont subi des charges en hausse à cause des impôts indirects, de certaines taxes, des primes d’assurance-maladie et des loyers.

Des remèdes
Cette évolution négative des salaires n’est pas «une loi de la nature mais découle de décisions politiques», signale Paul Rechsteiner, président de l’USS. Pour remédier aux inégalités croissantes, l’USS avance cinq propositions. Elle exige l’introduction d’un «salaire minimal absolu» de 22 francs de l’heure, comme le réclame son initiative qui a abouti début mars. L’organisation suggère d’abandonner la politique salariale individualisée avec versements de bonus. Elle plaide au contraire pour des systèmes incluant des hausses générales de salaires. Elle préconise de renforcer l’imposition en fonction de la capacité économique. «L’Etat doit puiser ses recettes là où elles se trouvent, soit auprès des hauts revenus et des grandes fortunes», a souligné Daniel Lampart.

« Impôt antisocial »
L’organisation conseille de mener une politique active en matière de formation continue en faveur des salariés. Enfin, l’USS demande d’instaurer un financement de l’assurance-maladie plus juste et dépendant du revenu. A court terme, cela passe par une hausse des fonds destinés aux réductions
des primes à payer aux caisses. «Les primes se transforment toujours plus en un impôt indirect antisocial», fait remarqer M. Lampart.
AP/ATS

Le Courrier

1 commentaire à “Les inégalités salariales se renforcent en Suisse”


  1. 1 Marc 1 mai 2015 à 4:57

    C’est assez bizarre. L’image que j’ai de la Suisse était tellement parfaite et maintenant, cette inégalité de revenus détruit tout. Je pensais même que si je devais quitter le pays pour aller vivre à l’étranger un jour, ce serais en Suisse.

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