Vaud investit 50 millions pour développer les bus en zone périurbaine

Le Grand Conseil vaudois a donné mardi un coup d’accélérateur au transfert modal: il a adopté un crédit de 50 millions pour développer 55 lignes de bus déjà existantes dans les zones périurbaines. Il s’agit de l’une des mesures d’impulsion du Plan climat cantonal.
La mobilité nécessite une offre suffisante en transports publics. Ce projet de décret va permettre d’agir dans les zones périurbaines, là où la population présente encore une forte dépendance à la voiture, a expliqué l’UDC Jean-François Thuilliard devant le plénum.

Les chiffres sont parlants: dans ces zones, 69% des ménages possèdent deux véhicules, 93% des ménages se déplacent quotidiennement pour des raisons professionnelles. Pourtant, seuls 6% utilisent les transports publics, en raison d’une desserte insuffisante, a-t-il rappelé.

Cadence insuffisante

Afin de l’améliorer, le canton se propose de dynamiser au moins 55 lignes de bus existantes, qui sont délaissées par la population pour des déplacements réguliers en raison de leur cadence insuffisante. La mesure qui sera menée pendant une période test de cinq ans vise non seulement les déplacements professionnels mais aussi les loisirs.

Le projet a rencontré un accueil favorable auprès des députés de tous bords. Avec quelques nuances, il a été accepté en deuxième débat par 119 oui et quatre abstentions.

Après le Covid et le télétravail, les habitants risquent de perdre le réflexe de prendre les transports publics. “C’est le bon moment” a déclaré la socialiste Sylvie Pittet-Blanchette. La députée verte Alice Genoud a salué une mesure climat efficace pour que les Vaudoises et Vaudois laissent leur voiture à la maison.

Changement de paradigme

Après un grand nombre d’actions réalisées en zone urbaine, il est bien d’agir dans les zones périphériques insuffisamment couvertes par les transports publics, a relevé la PLR Carole Schelker. Elle a cependant relevé que les communes auraient pu être informées, car elles doivent participer à hauteur de 21 millions de francs.

Son collègue Pierre Volet a mis en garde contre l’utilisation de surface d’assolement pour des parkings de bus notamment. Toujours à droite, certains ont douté des prévisions quant à l’inversion des parts modales: environ 20% pour les transports individuels motorisés en 2050 contre 74% en 2015.

Pour Vincent Keller, député d’Ensemble à gauche et Pop, “ces 50 millions ne sont qu’un premier petit pas”. Il faut un second axe: la baisse des coûts des transports publics. Le Vert’libéral Jean-Christophe Birchler a lui salué un nouveau paradigme: augmenter l’offre pour voir si la demande suit.

Levier d’action

Pour faire ce changement, il faut une offre crédible, cadencée, régulière, a observé la présidente du gouvernement Nuria Gorrite. “Ce n’est pas une première: quand on a prolongé le RER jusqu’à Grandson, l’offre a été immédiatement plébiscitée”, a-t-elle rappelé.

Cette mesure est l’un des leviers d’action du Plan climat vaudois pour diminuer les gaz à effet de serre de 50 à 60 % à l’horizon 2030. Elle est la deuxième à être acceptée par le Parlement après l’assainissement des bâtiments.

ats/jfe, 9 juin 2021, rts

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