Le quatrième monopole des SIG plébiscité

Près de 80 % des Genevois·es acceptent le monopole des SIG sur les réseaux thermiques structurants.
Plébiscite pour les réseaux thermiques cantonaux : les SIG développent déjà deux réseaux, dont GéniLac, un système de chauffage et de refroidissement qui fonctionne avec l’eau du Léman. «Ce résultat est une belle légitimation de la politique énergétique de Genève», s’est félicité dimanche le conseiller d’État en charge du Territoire, Antonio Hodgers.


La population genevoise a soutenu à 79,25% l’inscription dans la constitution cantonale d’un monopole sur les réseaux thermiques structurants. Les SIG se voient ainsi confier une quatrième mission centrale – après l’eau, le gaz et l’électricité.

Dans les dix prochaines années, il reviendra à la régie publique de développer le réseau de conduites souterraines destinées à alimenter les quartiers les plus denses de la ville en chaud et en froid. Ce sont quelque 1,5 milliard de francs qui seront injectés à cet effet.

Si le Conseil d’État s’est tant réjoui, c’est qu’il a fait de ce projet un pivot de la transition énergétique. Le parc immobilier genevois consomme aujourd’hui la moitié de l’énergie thermique utilisée dans le canton. Et comme 90% du chauffage et de la production d’eau chaude dérive de l’énergie fossile, le potentiel d’économie est énorme dans ce domaine.
Pas de hausse drastique des prix

Le PLR et l’UDC, seuls partis à s’opposer à l’octroi de ce monopole, sortent battus ce dimanche. Le président du parti libéral-radical genevois, Bertrand Reich, rappelle que «la question n’est pas celle de l’existence de ce réseau, mais bien de l’octroi d’un monopole et du coût que les locataires devront assumer».

Interpellée à ce sujet, la vice-présidente de l’Asloca Genève, Carole Anne Kast, estime que si différence de prix il y a, elle doit être comparée à une énergie durable équivalente. Or les expériences précédentes dans le canton, dont le réseau Cadiom, n’ont pas été synonymes de hausse drastique des prix. La loi prévoit en outre une régulation par l’exécutif et une commission paritaire de surveillance. «J’entends qu’il y a une inquiétude sur les prix, balise Antonio Hodgers. Mais force est de constater que les autres fournitures des SIG ne sont pas plus chères que dans d’autres cantons. Nous resterons attentifs.»

Le Courrier, 13 février 2022, Maude Jaquet

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