Des mises au concours controversées pour les lignes de bus

Jura • Les chauffeurs manifestent contre une ouverture problématique du marché des lignes de bus dans le canton. A l’appel de Syndicom, environ 120 personnes, dont une très grande majorité de chauffeurs de bus de Car postal et des Chemins de fer du Jura (CJ) ont manifesté (en gilets jaunes), tôt mercredi matin, à Delémont devant le Parlement jurassien.

Ils protestaient contre la manière dont les lignes de bus ont été mises au concours dans le canton du Jura. Scandant le slogan «Respect pour les chauffeurs, stop au dumping!», ils ont remis des bombes au chocolat au Gouvernement «pour montrer qu’il tient entre les mains une bombe sociale à retardement avec les appels d’offres».

Le Gouvernement n’a pas mis de critères contraignants en matière de protection des conditions de travail, malgré des discussions avec les syndicats, une pétition munie de 4000 signatures et une motion du groupe Verts et CS-POP acceptée par le Parlement en janvier 2018, qui demandait l’obligation pour l’entreprise retenue de négocier une convention collective de travail respectant au minimum les usages de la branche dans la région.

Les chauffeurs craignent pour leurs emplois, car si l’entreprise choisie peut être obligée de reprendre les véhicules, elle n’a pas l’obligation de reprendre le personnel. Ils redoutent aussi des baisses de salaires, car l’offre fait uniquement référence à une directive de l’Office fédéral des transports, dans laquelle seul un salaire minimum est défini. Et celui-ci est bien inférieur aux salaires réels des conducteurs et des conductrices.

Ne pas sacrifier les chauffeurs

Des entreprises internationales s’intéressent aux lignes de bus du Jura. Sheila Winkler, secrétaire centrale de Syndicom s’interroge: «La question est de savoir pourquoi les entreprises qui maximisent leurs profits s’intéressent à un marché où les profits ne sont pas autorisés.» Le délai pour présenter les offres était fixé à jeudi 28 novembre. On sait que Car Postal, les CJ associés aux Transports publics fribourgeois, le groupe RATP et une ou deux entreprises espagnoles sont sur les rangs.

Le secrétaire régional Syndicom, Jean-François Donzé, attend du Gouvernement «qu’il fasse preuve de la sensibilité nécessaire dans le choix de la future entreprise. Il ne doit pas sacrifier les chauffeurs et donc ses propres citoyens».

Gauchebdo, 1 décembre 2019 par Jean-Pierre Kohler

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