L’eau de Divonne fait pschitt !

Trois ans après avoir annoncé en grandes pompes la mise en bouteille de l’eau de Divonne-les-Bains, la municipalité de cette commune de l’Ain renonce à ce projet. Faute de clarté financière suffisante. Et sous la pression de communes suisses.

Le nouveau maire de Divonne-les-Bains (Ain), Vincent Scatollin (LR), l’a annoncé lors d’une réunion publique le 3 septembre : la construction d’une usine d’embouteillage de l’eau de sa commune ne sera pas réalisée. La raison invoquée : la détérioration du “rapport de confiance” avec l’embouteilleur.

Ce projet avait été lancé en juin 2016 par son prédécesseur, Etienne Blanc, premier vice-président de la région Auvergne Rhône-Alpes, candidat à la mairie de Lyon en mars 2020. 20 millions d’euros devaient être investis dans une unité d’embouteillage de cette eau minérale commercialisée sous la marque Divonne. Connue déjà des Romains, cette source présente un débit de captage de 80 m3 par heure.

L’eau de Divonne, faiblement minéralisée et non salée, devait être exploitée par la société Andrénius créée par Patrick Sabaté en partenariat avec un importateur de vins et spiritueux suédois, Jean-Niklas Palm-Jensen. La commune aurait perçu une redevance sur chaque bouteille vendue. En mars 2019, le permis de construire de l’usine avait été signé.

Des oppositions multiples

Mais ce projet a cristallisé de nombreuses oppositions. Dix communes des cantons de Genève et de Vaud, proches de Divonne, avaient déposé un recours. Leur inquiétude principale : le risque d’assèchement accru de la nappe phréatique, alors que les cours d’eau genevois souffrent de sécheresse récurrente l’été et que le pays de Gex importe 15 à 20 % de son eau potable en période estivale.

D’autres opposants, côté français, pointaient l’impact des transports générés par la nouvelle usine dans un contexte de déplacements déjà saturé. Réunis au sein du collectif Stop embouteillage, ils avaient récemment invité des habitants de Vittel (Vosges) à venir témoigner de l’assèchement de leur région par suite des prélèvements effectués localement par la filiale du groupe Nestlé.

Devant cette levée de boucliers et faute d’avoir obtenu des garanties financières et environnementales suffisantes, le maire de Divonne-les-Bains a préféré jeté l’éponge à quelques mois du scrutin municipal. Reste à négocier la sortie du contrat et le montant des indemnités financières que la commune devra verser à la société Andrénius. Ce dossier devrait donc continuer à faire des vagues.

L’Usine nouvelle, Vincent Charbonnier, Auvergne-Rhône-Alpes, 4 septembre 2019

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