Tallinn a voulu des transports publics gratuits. Depuis, elle gagne des sous

Ce qui est bon pour l’écologie peut aussi l’être pour les finances publiques. Exemple en Estonie où la gratuité des transports a eu des effets inespérés !
Pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique, il existe une solution simple, évidente et connue de tous : la gratuité des transports publics.

Jusque là, les grandes villes rechignaient à s’y mettre, mais peut-être que l’exemple de la capitale d’Estonie finira par les convaincre : là-bas, un referendum a institué la gratuité des transports et, depuis, tout le monde fait des économies, les usagers bien sûr, mais aussi la ville ! Explications.

Cette décision inédite et radicale a donc été prise par le peuple estonien lui-même. c’était en 2013. Désormais, il suffit d’être enregistré comme habitant de Tallinn (capitale de l’Estonie) pour avoir le droit d’emprunter les transports en commun sans avoir à dépenser le moindre sous.

On est donc loin, très loin même, des modèles proposés par les autres capitales européennes. À Londres un mois de transport coûte 220€, 170€ à Copenhague, 80€ à Berlin et 73€ à Paris…

Cette politique de gratuité a-t-elle eu des effets ? Oui, et pas qu’un peu ! La fréquentation des transports publics de Tallinn a aussitôt grimpé de 8% ! À titre de comparaison, en 2015, la RATP n’a progressé que de 0,9%… malgré 1,9 milliard d’euros investis sur l’amélioration du réseau !

Reste une question essentielle : comment la ville de Tallinn fait-elle pour financer des transports publics qui ne rapportent plus un rond ? Pour trouver la réponse, il n’y a qu’à tourner le regard vers le bon sens des Estoniens : depuis que les transports de Tallinn sont gratuits, ils sont de plus en plus nombreux à venir s’y installer (+ 25 000 habitants en trois ans, soit une augmentation de 6%).

Or, qui dit plus d’habitants dit aussi plus d’activités économiques… et plus d’impôts qui entrent dans les caisses de la ville ! Bref, tout le monde y gagne.

Pour accentuer cette tendance forte et diminuer considérablement la part de la voiture sur son territoire, Tallinn prévoit déjà d’aller plus loin encore : elle veut promouvoir le vélo, augmenter les prix des places de parking et, éventuellement, taxer la circulation des voitures…

L’ensemble de ces mesures prises et à venir n’ont qu’un objectif : rendre la ville aux piétons et aux transports moins polluants. Et, apparemment, Tallinn montre déjà la voie à d’autres grandes agglomérations. Les villes de Bucarest (2 millions d’habitants en Roumanie) et de Chengdu (14 millions d’habitants en Chine) se seraient déjà rapprochées de la municipalité pour prendre exemple sur ce qui a été fait.

Ce modèle est-il applicable aux villes françaises ? Possible. Quoi qu’il en soit, pour en finir avec les vieilles recettes comme l’a fait Tallinn, il faudra d’abord faire preuve d’imagination… et de volonté politique ! Qui est pour ?

Axel Leclercq - 18 octobre 2016 - positivr

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