Chiffres de l’AVS: les catastrophistes ont tort

Contrairement aux prévisions émises par le passé, l’AVS se porte bien et ses réserves se montent en dizaines de milliards de francs.
Source: statistique de poche 2016, Office fédéral des assurances sociales
Depuis l’instauration de l’AVS, en 1948, le rapport au travail a changé. Les débats politiques se concentrent souvent sur les aspects financiers de cette rente, oubliant son rôle social fondamental. Interview.

La retraite. Ce cap si important, que d’aucuns attendent avec impatience et que d’autres redoutent. Un temps où, libéré de l’obligation de travailler pour toucher un salaire, il devient possible de s’investir dans toutes sortes d’activités pour soi ou pour les autres.

Ce sont souvent les grands-parents qui épaulent les familles à la recherche de solutions de garde. Ou qui offrent de leur temps dans des activités bénévoles. Toucher une rente «sans rien faire» est en réalité un scénario peu fréquent. Soutenus par leur AVS (Assurance-vieillesse et survivants), nos aînés participent à la vie sociale, peut-être même davantage que les assidus du métro-boulot-dodo.

Cette idée de la retraite pour tous a été concrétisée en 1948 en Suisse, après cinquante ans de lutte et de controverses, lors de l’introduction de l’AVS. Depuis, le système s’est complexifié, devenant tricéphale avec, en sus, un 2e pilier constitué par les caisses de pensions et un 3e misant sur l’épargne individuelle. Matthieu Leimgruber, historien, spécialiste des assurances sociales et professeur à l’université de Zurich, revient sur l’histoire de cette prévoyance vieillesse et sur le rôle essentiel d’une retraite digne pour chacun.

Le système suisse de retraites verse des rentes tout en restant en assez bonne santé financière. Une exception au niveau international?

Matthieu Leimgruber: Le discours catastrophiste sur les retraites est présent partout. En France, on parle du déficit des retraites depuis les années 1950. Aux Etats-Unis, on prédit depuis les années 1930 que la «Social Security» va détruire l’économie. En fin de compte, ces systèmes sont, comme en Suisse, plus solides qu’ils en ont l’air.

Le système français n’est pas en crise, mais sous-alimenté; les gouvernements de droite ont cessé d’augmenter les cotisations pour suivre le vieillissement de la population, ce qui a eu un impact sur le financement des retraites.

En Suisse, le problème est un peu différent. On nous prédit depuis deux décennies que tout sera de plus en plus difficile, mais cela ne se vérifie pas dans les chiffres. En pourcentage du PIB, les dépenses de l’AVS ne pèsent pas plus lourd aujourd’hui qu’en 1975 alors que le nombre de rentiers a doublé durant le même intervalle. Cette nouvelle étonne souvent le public.

Les prévisions, globalement pessimistes, ne se basent-elles pas sur des chiffres fiables?

L’enjeu du vieillissement démographique est réel, mais cet argument est trop souvent convoqué pour faire passer des mesures sabrant dans les prestations. C’est dans l’air du temps, le discours dominant est au gel ou à la diminution des rentes. Il vaut mieux être catastrophiste et affirmer qu’on ne peut plus financer les rentes promises plutôt qu’assumer en public vouloir démanteler le système actuel.

L’avenir de l’AVS semble pourtant bien sombre. Les graphiques de l’Office fédéral des assurances sociales montrent des courbes qui plongent, dès 2018.

Depuis le début des années 1990, les pronostics sur l’AVS sont systématiquement pessimistes. En réalité, les déficits annoncés pour les années 2000 n’ont pas eu lieu.

Il y a eu des déficits conjoncturels en 2008, des fluctuations, mais le système a préservé sa stabilité. Cela n’est pas étonnant: la solidité du financement de l’AVS reflète l’évolution économique et sociale. En Suisse, plus de 250 000 emplois ont été ajoutés à la masse salariale en dix ans. Donc davantage de cotisations.

Avec 25% de taux de chômage, ce serait différent. En Grèce ou en Espagne, la crise économique et sociale généralisée pèse lourdement sur les systèmes de retraites. L’économie suisse est robuste en comparaison internationale, il n’y a donc pas de problème de financement. Il s’agit plutôt d’une question de redistribution des richesses: veut-on donner à ce système de prévoyance vieillesse les moyens de fonctionner ou non?

Selon vous, la démographie ne pose pas de défi majeur. Mais que faire face à l’arrivée à la retraite des fameux «baby boomers»?

La démographie est une variable fondamentale mais, je le répète, utilisée de manière réductrice. On nous dit que, jadis, on comptait quatre ou cinq salariés pour un retraité. Aujourd’hui, ils ne seraient plus que deux. Certes, mais le salarié de 1948 n’est pas celui de 2016: il a une productivité beaucoup plus élevée, qui amène davantage de richesses. Le simple rapport arithmétique entre salariés et retraités n’a rien d’inéluctable.

Nul besoin, donc, d’augmenter l’âge de la retraite?

Une augmentation linéaire posera d’autres problèmes. On nous dit par exemple que dans plusieurs pays européens, la retraite est fixée à 67 ans. Certes, mais beaucoup sortent de la vie active avant et subissent donc des décotes. En clair, ces personnes vivent avec des rentes plus basses.

Dans ce contexte, relever l’âge de la retraite alors que, selon une enquête récente, un tiers des employeurs ne voient pas de perspectives favorables pour les plus de cinquante-cinq ans dans leur entreprise n’a pas de sens!

De plus, la pénibilité des trajectoires professionnelles doit être prise en compte. On ne sort pas de quarante ans de travail dans le même état selon qu’on est maçon ou enseignant à l’université. Il faut aussi prendre en compte les différences entre les genres.

À vous entendre, fixer un même âge de retraite pour les hommes et les femmes n’est pas la solution.

Cet argument-là nous est vendu sous couvert d’égalité et c’est bien la seule question d’égalité qui devient soudainement fondamentale. Pourquoi? Il est difficile d’augmenter l’âge de la retraite à 67, voire 68 ans si ce différentiel entre hommes et femmes subsiste. C’est donc un premier verrou à faire sauter. J’aimerais voir les partisans de la retraite pour toutes et tous à 65 ans s’engager avec la même ardeur pour l’égalité salariale…

Dans vos travaux, vous expliquez que la question de l’AVS est indissociable de celle du 2e pilier. Pourquoi?

Tout est imbriqué: on ne peut pas comprendre la trajectoire de l’AVS sans observer celle des caisses de pensions. Et inversément. La configuration du système suisse est le produit des interactions entre ces deux mondes de la retraite.

Dès 1948, l’AVS a servi de socle pour l’expansion des caisses gérées par les entreprises et les compagnies d’assurance vie. La généralisation du 2e pilier par le biais de la Loi sur la prévoyance professionnelle (LPP) n’aurait pas pu avoir lieu sans le gel préalable des prestations AVS. Quant au 3e pilier individuel, il joue avant tout un rôle fiscal. Son poids dans la prévoyance demeure marginal.

Ce qu’on dit peu, c’est que seule une infime minorité de la population parvient à financer sa propre retraite.

Le 2e pilier, annoncé comme le complément essentiel à l’AVS, est-il si efficace?

À présent que la quasi-totalité des salariés sont affiliés à une caisse de pensions, la retraite issue du 2e pilier représente souvent un revenu supérieur à celui versé par l’AVS. Ces caisses ne doivent pas seulement faire face à des difficultés croissantes pour placer leurs immenses réserves de manière profitables; elles sont également concernées par le vieillissement démographique. Elles sont donc doublement fragilisées.

En prévoyant un renforcement du 1er pilier, l’initiative AVS plus serait une réponse à ces difficultés?

À droite, on dénonce AVS plus soit comme une initiative irresponsable, soit comme une attaque en règle contre les caisses de pensions. Il est évident que l’initiative va à l’encontre d’un principe clé de la doctrine des trois piliers: l’extention des 2e et 3e piliers dépend largement du blocage du niveau des prestations AVS.

Avec Prévoyance vieillesse 2020, le fameux «paquet Berset», droite et gauche devraient avaler des couleuvres…

On nous le présente ainsi, pour laisser entendre que chacun doit faire un pas vers l’autre. Mais dans son ensemble, le projet continue de favoriser le 2e pilier au détriment du 1er. Admettons que le projet passe la rampe: ce ne serait de toute façon pas la fin des débats. Les systèmes de retraites évoluent avec la société et resteront donc au coeur du débat politique pour les décennies à venir.

Sur les affiches politiques qui ont fleuri ces derniers temps, des fourmis sont écrasées par le poids de l’AVS. Un conflit intergénérationnel se profile-t-il?

L’argument selon lequel les retraitées et les retraités «profiteraient» des jeunes ou, pire, annonçant que nous nous trouvons à l’orée d’une «guerre intergénérationnelle» est fallacieux. Les personnes bénéficiant d’une retraite ne vivent pas recluses dans leur chalet, assises sur leur argent. Elles prêtent, voire donnent, à leurs enfants et petits-enfants pour leurs études ou l’achat d’un bien immobilier. De nombreuses familles comptent également sur elles pour s’occuper des enfants en bas âge.

En bref, la retraite permet de multiples formes d’entraide et de travail non monétarisées mais essentielles. Elle libère de l’assujettissement au marché du travail et au capital. C’est pour cette raison qu’une augmentation des retraites par répartition des richesses transforme une société.

En 1947, un film de l’Union syndicale suisse appelait à voter pour l’AVS en en faisant une question de survie de la démocratie en rappelant que «si les gens sont pauvres, ils ne sont pas libres». Aujourd’hui, cet argument est largement absent des réflexions. Les retraites sont uniquement considérées comme un fardeau financier et non comme un progrès social fondamental. Beaucoup de personnes ne réalisent pas à quoi ressemblerait un monde sans retraite.

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L’initiative et la réforme en bref

Deux enjeux majeurs guettent les retraites en Suisse. Tout d’abord, la votation du 25 septembre, sur l’initiative fédérale «AVS plus: pour une AVS forte».

Lancée par la gauche syndicale, elle demande une hausse des rentes de 10% afin de mieux couvrir les besoins vitaux des seniors. Les rentes de veuf, veuve ou orphelin demeureraient quant à elles inchangées. En cas de «oui», la charge supplémentaire se monterait à 4 milliards pour 2018, que les initiants proposent de financer par une augmentation de la TVA et par une hausse de 0,8% des cotisations salariales.

En parallèle, le parlement débat d’une vaste réforme du système de retraites: la «prévoyance vieillesse 2020». La version du Conseil fédéral prévoit une retraite à 65 ans pour les femmes et supprimerait la rente de veuve. La TVA serait augmentée jusqu’à 1,5 point et les rentes du 2e pilier diminueraient. En contrepartie, davantage de personnes bénéficieraient d’une prévoyance professionnelle.

Le Conseil des États a assoupli cette réforme, offrant entre autres un bonus de 70 francs par mois aux rentiers AVS ainsi que le maintien de la rente de veuve. Le Consil national, en revanche, suggère des tour de vis, avec une retraite à 67 ans pour tous aux environs de 2035. LDT
Quel avenir pour les finances de la retraite?

Selon les projections de l’Office fédéral des assurances sociales (Ofas) et les rapports du Conseil fédéral, la survie financière de l’Assurance-vieillesse et survivants (AVS) serait menacée. Des chiffres contestés par les opposants à la révision de l’AVS.

L’assurance-vieillesse se porte plutôt bien mais cela ne devrait pas durer. C’est du moins ce que prévoit l’administration fédérale. Les statistiques produites par l’Ofas montrent qu’entre 2011 et 2014 les comptes d’exploitation de l’AVS ont été largement bénéficiaires. En 2012, le bonus s’est même monté à 2 milliards de francs. Pour 2015, par contre, s’affiche un déficit de près de 580 millions de francs. Début des chiffres rouges ou simple accident de parcours?

Le tournant, selon l’Ofas, aura lieu en 2020. En effet, à partir de 2021, l’Office fédéral des assurances sociales ne prévoit plus que des déficits, de plus en plus marqués jusqu’à aboutir à l’engloutissement total du fonds AVS à l’horizon 2030. Dans une vingtaine d’années, les déficits annuels atteindraient jusqu’à 10 milliards. Des chiffres alarmants.

Les baby boomers en cause

Comment expliquer qu’une assurance sociale dont les comptes ont presque toujours été dans le noir depuis sa création en 1948 se retrouve sans le sou en moins de vingt ans? Plusieurs facteurs sont déterminants. Néanmoins, deux éléments ressortent clairement: l’arrivée des baby boomers à la retraite et le tassement du solde migratoire.

En 2013, le Conseil fédéral faisait état d’une population suisse à 9,1 millions d’habitants à l’horizon 2035. Pour ce faire, il tablait sur un solde migratoire moyen de 40 000 personnes par année et sur l’allongement de l’espérance de vie.

Une augmentation du nombre d’actifs est envisagée jusqu’en 2025, «pour atteindre 5,2 millions de personnes, puis se stabilise à un niveau élevé jusqu’en 2035, tandis que le nombre de rentiers ne cesse de croître». Une telle évolution va déstabiliser le rapport de dépendance entre cotisants et bénéficiaires. Selon le Conseil fédéral, en 2013, on comptait 3,3 actifs pour un rentier. En 2035, ils ne seront plus que 2,2. Ce ratio négatif «résulte de la superposition de plusieurs facteurs: le recul de la natalité, l’allongement de l’espérance de vie et le baby boom».

L’AVS, assez forte pour survivre sans régime

Cette vision alarmiste n’est absolument pas partagée par les opposants au projet Berset. Selon eux, les caisses de l’Assurance-vieillesse, que l’on annonce régulièrement au bord du gouffre, ont toujours échappé à la catastrophe financière promise.

D’après l’Union syndicale suisse (USS), l’allongement de l’espérance de vie n’est pas un problème, grâce à un financement solide et sûr: «Le vieillissement de la société était déjà un thème en 1948.» Le syndicat ne remet pas en cause cette évolution de la population helvétique. Il met cependant en exergue des erreurs de prévisions dans le passé. Ainsi la catastrophe financière annoncée n’a-t-elle jamais eu lieu, bien au contraire, affirme l’USS.

Solution: la croissance économique

Alors que les autorités mettent en avant le vieillissement de la population, le syndicat répond par l’économie. «Tant l’évolution de l’emploi que la croissance des salaires étaient nettement sous-estimées.» Ainsi, la croissance de la productivité, qui devrait s’accompagner de hausses salariales selon les syndicats, permettrait d’absorber l’arrivée des baby boomers à la retraite. D’après l’USS, le nombre d’actifs est passé de 2,8 millions en 1975 à 4 millions en 2013. Cette augmentation du nombre de travailleurs est accompagnée par celle du salaire moyen de 66 000 francs à 106 000 durant la même période. Les cotisations salariales rapportent ainsi plus d’argent, argumente l’USS.

L’Union syndicale suisse admet bien un probable manque de financement durant la prochaine décennie, mais sans que cela soit insurmontable. Elle estime que si la TVA devait être relevée de 1%, les travailleurs y gagneraient tout de même en comptant sur une évolution des salaires de 0,7% d’ici à 2020.

Pour l’Union syndicale suisse, il n’y a pas lieu d’affaiblir les prestations. Bien au contraire, l’USS voit dans le 1er pilier, la base la plus importante de la prévoyance vieillesse. MARIA PINEIRO

Mauvais résultats pour le 2e pilier

Si l’attention est concentrée sur les finances de l’AVS, à la veille de la votation du 25 septembre, l’état du 2e pilier compte également dans le débat.

Comme nous l’indiquions mardi dans nos pages, de plus en plus de salariés comptent sur cette pré-voyance professionnelle pour compléter leur rente de base, laquelle plafonne à 2350 francs ou 3525 pour les couples. Or le 2e pilier subit certaines perturbations: depuis les crises boursières des années 2000, l’adaptation des rentes au renchérissement a été rare. Mardi, l’Office fédéral de la statistique (OFS) poin-tait une baisse des cotisations et des résultats des placements.

Selon les chiffres de l’OFS, le résultat net des placements a subi une baisse de 87,4% l’année dernière pour se porter à 6,5 milliards de francs. Les réserves ont quant à elles diminué de 13,8%, à 56,8 milliards. Le total des cotisations des assurés et des employeurs a légèrement reculé à 53 milliards (-0,4%). Malgré ces résultats, la fortune totale de la prévoyance professionnelle a légèrement augmenté, atteignant 787 milliards de francs.

Des baisses des rentes accompagnées d’augmentations des cotisations sont donc envisagées pour aider le 2e pilier face aux fluctuations des marchés. Le projet de réforme des retraites du Conseil fédéral prévoit par exemple une baisse du taux de conversion des rentes de 6,8% à 6%. Une rente calculée sur un avoir de 100 000 francs passerait de 6800 à 6000 francs par an. LDT avec l’ATS

Le Courrier, Laura Drompt, Vendredi 09 septembre 2016

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