Protection de la santé et sécurité au travail

Le travail rend trop souvent malade
Les absences pour maladie en entreprise augmentent de manière dramatique. La pression au travail s’est intensifiée. Dans le même temps, la politique salariale et la répartition inéquitable des fruits de la croissance freine l’économie. Les salaires sont sous pression et le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses diminue. L’Union syndicale suisse (USS) exige une offensive de mise en œuvre de la part de la Confédération et des cantons afin de renforcer la protection de la santé au travail.


Aujourd’hui, les employeurs ne sont contrôlés par les cantons que tous les 20 ans. Il faudrait au contraire un contrôle tous les deux ans. Par ailleurs, l’USS demande un arrêt immédiat de l’extension du travail du dimanche et de l’allongement de la journée de travail à 17 heures, décidée par le Conseil national.

Les absences pour maladie ont fortement augmenté et représentent désormais environ 80 millions d’heures de travail de plus qu’avant la pandémie – soit une hausse d’un tiers. L’augmentation des absences de longue durée est particulièrement préoccupante. Plus une incapacité de travail dure longtemps, plus le risque de licenciement, d’invalidité et de séquelles durables pour la santé est élevé. Pour la première fois depuis 20 ans, la probabilité de devenir invalide a de nouveau augmenté.

Les travailleurs et travailleuses des professions physiquement ou psychiquement exigeantes, comme la vente, la construction, le transport, la santé, le social ou de nombreux services, sont particulièrement concernés. Les douleurs dorsales et les troubles psychiques sont les causes les plus fréquentes. Beaucoup continuent de travailler malgré leurs problèmes de santé, souvent aussi en télétravail. Cela aggrave les maladies et engendre des coûts économiques élevés. S’y ajoutent des pertes salariales sensibles. L’indemnité en cas de maladie ne couvre généralement que 80 % du salaire, et dans de nombreux cas il faut d’abord attendre plusieurs jours de carence. Les risques financiers pèsent donc sur les travailleurs et travailleuses. En parallèle, ceux-ci rapportent des conditions de travail éprouvantes : pression du temps, manque de personnel, horaires irréguliers et disponibilité permanente. Les employé-e-s travaillent en conséquence sur leur temps libre pour répondre aux exigences. Au lieu de résoudre les problèmes structurels, de nombreux employeurs misent sur des mesures alibis comme des cours de gestion du stress. De plus, la loi sur le travail n’est pas appliquée et la protection légale est constamment affaiblie. Les employeurs ne sont contrôlés par les cantons que tous les 20 ans.

L’USS exige un changement de cap. Il faut du personnel en nombre suffisant, des horaires de travail et de repos fiables, ainsi qu’une application conséquente de la législation du travail pour protéger la santé des travailleurs et travailleuses. Désormais, les employeurs doivent être contrôlés au moins tous les deux ans. L’USS rejette catégoriquement toute nouvelle attaque contre les dispositifs existants. Gabriela Medici, secrétaire syndicale de l’USS, trace clairement les lignes rouges : « Une extension du travail dominical et une flexibilisation supplémentaire des horaires de travail ne sont pas envisageables. »
Pouvoir d’achat sous pression

Malgré une bonne conjoncture économique, les salaires réels stagnent depuis des années. Depuis 2020, l’écart entre les salaires réels et la productivité atteint environ 5 %. Daniel Lampart, économiste en chef de l’USS, calcule : « Pour un couple avec un revenu moyen, cela représente environ 6 000 francs de moins par an. » Cet argent manque au quotidien. Les primes d’assurance-maladie et les loyers ont fortement augmenté, tout comme d’autres charges fixes. De nombreux ménages, y compris de la classe moyenne, sont de plus en plus sous pression. En conséquence, le moral des consommatrices et consommateurs est au plus bas et la consommation privée par habitant recule, si l’on exclut les dépenses de santé. L’ensemble de l’économie s’en trouve freinée.

Au lieu d’une augmentation des salaires, on constate celle des hauts revenus et des fortunes. Les impôts sur les bénéfices et les cotisations sociales ont été réduits, et plusieurs cantons prévoient de nouvelles baisses d’impôts. Cela aggrave les inégalités sociales et ne résout aucun problème réel de la population. Pierre-Yves Maillard, président de l’USS, souligne donc : « Alors que l’économie suisse continue de croître, les personnes aux revenus bas et moyens perdent du pouvoir d’achat, tandis que les revenus les plus élevés captent toujours plus de la richesse nationale. »

L’USS exige des augmentations salariales substantielles, en particulier pour les bas et moyens salaires. Toute personne ayant fait un apprentissage doit pouvoir vivre de son salaire et gagner au moins 5 000 francs par mois. De plus, il faut davantage de moyens publics pour les subventions aux primes, le logement abordable, les soins et l’accueil de jour des enfants. Une politique salariale et de répartition plus sociale n’est pas seulement une question de justice, mais aussi une nécessité économique.

Interventions :
Pierre-Yves Maillard, président de l’USS : « Du partenariat social à la lutte des classes ? » (PDF)
Daniel Lampart, coresponsable du secrétariat de l’USS : « Salaires et redistribution : rompre en 2026 avec cette politique antisociale qui freine l’économie » (PDF)
Gabriela Medici, coresponsable du secrétariat de l’USS : « Des conditions de travail qui rendent malade : il est temps d’agir » (PDF)

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