C’est le titre de la dernière interpellation urgente que j’ai déposée au Conseil communal de Lausanne le 18 novembre 2025. J’ai eu l’occasion de la présenter et de l’argumenter lors de la séance du 13 janvier 2026, en accompagnant mon intervention de la résolution suivante :
« Le Conseil communal souhaite que la Municipalité intervienne dans les meilleurs délais afin qu’une enquête externe à l’entreprise soit mise sur pied.
Cette enquête devra se concentrer sur les conditions de travail, avec une attention particulière portée à la santé et à la sécurité du personnel ainsi qu’à la dotation en effectifs. Depuis de nombreuses années, des dégradations sont constatées sur le terrain, avec des conséquences directes sur la qualité des prestations à la clientèle et sur la santé des employées. Il y a urgence à poser un diagnostic clair et à engager les moyens nécessaires pour stopper cette spirale. »
Cette résolution a été largement soutenue par le Conseil communal : 55 voix pour, 11 abstentions et seulement 2 voix contre. Un signal politique fort.
Une crise qui dure
Le 1er octobre 2024, j’avais déjà déposé une première interpellation urgente concernant la situation aux TL, marquée par une dégradation de l’offre et par de nombreuses suppressions de courses sur l’ensemble du réseau. À l’époque, l’entreprise expliquait ces dysfonctionnements principalement par un sous-effectif chronique et un taux d’absentéisme élevé.
Près d’une année plus tard, le constat est amer : rien – ou presque – n’a changé. Les ruptures de lignes et les cadences « folkloriques » continuent de pénaliser les Lausannoises et Lausannois dans leurs déplacements quotidiens. Cette fois, l’explication avancée est différente : un manque de véhicules, en particulier de trolleybus de grande capacité, en raison de pannes et de problèmes de maintenance.
Hier le manque de personnel, aujourd’hui le manque de véhicules… et demain ?
Pendant ce temps, les conductrices et conducteurs subissent eux aussi cette situation : plannings bouleversés, conditions de travail sous pression, perte de sens du service public.
Des conditions de travail au cœur du problème
Au-delà des questions de matériel ou d’effectifs, c’est bien la dégradation progressive des conditions de travail qui affecte la qualité des prestations. Or, de bonnes conditions de travail sont la condition première d’un service public de qualité. Ce constat vaut pour les TL, mais aussi pour l’ensemble des secteurs publics et parapublics.
Il est donc indispensable que le Canton, les communes et les responsables politiques réagissent rapidement et de manière coordonnée.
Une préoccupation partagée
La justesse de cette interpellation urgente est d’ailleurs confirmée par le fait qu’une démarche similaire a été déposée au Grand Conseil vaudois par plusieurs députées. Le malaise dépasse le cadre communal : il touche l’ensemble du canton et interroge l’avenir de la mobilité publique.
Il est temps d’agir, avec lucidité et détermination, pour redonner un cap clair aux TL et restaurer la confiance des usagers comme celle du personnel.
Johan Pain, conseiller communal popiste à Lausanne

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