La majorité de droite a adopté une modification de la Loi sur le service civil qui en durcit considérablement l’accès. Une alliance a lancé le référendum à signer jusqu’à fin décembre. Quel est le point commun entre les crèches, les écoles, les EMS, les hôpitaux, les instituts de recherche fédéraux ou encore la formation des personnes migrantes? Si je vous posais la question, vous répondriez sûrement le SSP, qui défend les travailleuses et travailleurs de tous ces secteurs. Or, il y a aussi un autre point commun: le service civil.
Chaque jour, dans toutes ces institutions d’importance systémique, des milliers de jeunes civilistes apportent un soutien précieux au personnel qui y travaille. Les civilistes assument des tâches profondément utiles, là où les ressources manquent, dans les domaines du social, de la santé et de l’instruction publique. D’un point de vue statistique, ces trois domaines concentrent à eux seuls 82% des affectations, soit plus de 1,5 million de jours de service.
UTILITÉ SOCIALE. Prenons l’exemple des crèches. L’année dernière, les civilistes ont effectué plus de 77 000 jours de service dans 227 crèches à travers le pays. Bien qu’ils ne puissent remplacer le personnel qualifié, ni sur le plan légal ni en termes de compétences, l’aide apportée par les civilistes permet d’atténuer la situation critique du manque de main-d’œuvre dans les crèches. La situation est similaire dans les établissements de soins, où les civilistes couvrent une multitude de tâches différentes. Ils accompagnent les patient-e-s et les aident à s’habiller, faire leur toilette ou prendre leurs repas. Ils effectuent également des tâches ménagères et administratives. Enfin, leur présence contribue à renforcer les interactions sociales avec les patient-e-s, souvent mises de côté en raison du manque de temps à disposition du personnel qualifié.
C’EST TROP POUR LA DROITE. Malheureusement, l’engagement des civilistes n’est pas au goût de la majorité bourgeoise au Parlement, qui a décidé de voter le durcissement de l’accès au service civil. L’objectif: passer de 6800 à 4000 civilistes, soit une diminution drastique de 40% et, par conséquent, du nombre de jours de service accomplis.
La modification de la Loi sur le service civil, votée par la droite, menace clairement l’avenir du service civil, tout comme elle menace le bon fonctionnement de milliers d’institutions en Suisse. C’est pour cela que les Jeunes Vert-e-x-s, accompagné-e-s d’une large alliance, ont décidé de lancer un référendum contre cette loi.
Cette réforme pénalise non seulement les futurs civilistes, mais aussi les établissements d’affectation, qui ont besoin de ces personnes. Réduire le nombre de civilistes signifie éliminer des millions d’heures de travail pour le bien commun – 2,5 millions pour être exact –, ce qui, en fin de compte, pénalise l’ensemble de la société.
IMPACT CALAMITEUX. Concrètement, la mise en œuvre de cette attaque contre le service civil entraînerait des conséquences désastreuses pour les cantons et les communes. Les ressources dans l’action sociale, l’éducation et la santé se retrouveraient encore plus limitées alors que la fonction publique tourne déjà au compte-gouttes et qu’il faudrait au contraire la renforcer. De plus, la flexibilité des employeurs diminuerait et tant la quantité que la qualité des prestations
dans les institutions d’affectation en seraient affectées.
Par ce référendum, nous exprimons notre solidarité avec toutes celles et tous ceux qui sont prêt-e-s à rendre un service à la société, que ce soit comme aide dans un foyer, un hôpital, une école, ou dans la protection de l’environnement.
Ayant moi-même effectué mon service civil, j’ai pu constater la contribution très positive de ce service auprès des établissements d’affectation. J’ai pu soutenir des institutions indispensables et qui permettent à la Suisse de tourner chaque jour. Et je crois que c’est cela que veut une grande partie de la jeunesse aujourd’hui: effectuer un service enrichissant, formateur, qui a du sens, et où l’on se sent profondément utile.
Si le service civil est attractif, c’est qu’il apporte énormément à la collectivité et au service public. Le service civil est apprécié non seulement par les civilistes eux-mêmes, mais aussi par les établissements d’affectation qui les engagent et surtout par les dizaines de milliers de personnes qui bénéficient, directement ou indirectement, du travail des civilistes chaque jour.
MILITARISATION ANTISOCIALE. En 2020, nous étions parvenu-e-s à stopper un projet presque identique lors de la phase parlementaire, mais aujourd’hui le camp bourgeois fait la sourde oreille et impose sa politique du «tout pour l’armée» et du «rien pour la Suisse sociale». Il est donc crucial que ce référendum aboutisse pour stopper cette politique antisociale et empêcher un démantèlement encore plus grand du service civil. Car oui, le Parlement se penche déjà sur la réintroduction de l’examen de consciesnce et une éventuelle suppression pure et simple du service civil.
Pour que ce référendum soit un succès, il nous faut récolter les 50 000 signatures nécessaires d’ici à la fin de l’année. Alors, à vos stylos! Merci pour votre soutien et merci de vous battre pour un service public fort et une Suisse solidaire !
Services Publics, Sheldon Maseraz, novembre 2025

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