Schwaller devrait fermer d’office

Le PDC fribourgeois Urs Schwaller refuse de démissionner de son poste de président du conseil d’administration de La Poste. Son retrait ne fait pourtant pas un pli. Tous les rats quittent le navire, sauf un. Urs Schwaller, président du conseil d’administration de La Poste, joue la résistance passive. L’homme, discret, a toujours prétendu n’avoir pas vraiment été tenu au courant de la sortie de route de CarPostal.

L’enquête rendue publique en fin de semaine dernière montre pourtant qu’Urs Schwaller avait été informé en juillet 2016. A cette période, il savait déjà que CarPostal avait détourné 90 millions de francs de subventions publiques. Il avait choisi la passivité, le silence sans aucune résistance.

Les rats, les cadres très supérieurs de La Poste et de sa filiale CarPostal, ont donc pris le large, contraints à la démission. Lui, l’ancien conseiller aux États PDC, reste. Même s’il admet aujourd’hui timidement ne pas avoir été suffisamment critique. Le Fribourgeois assume ses responsabilités, affirme-t-il, tout en ne prenant passivement aucune mesure.

Dans La Liberté (18.6), le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD) constatait : « Ce qui l’expose davantage, c’est le contraste entre le fait qu’il savait déjà des choses, et sa volonté pathologique d’apparaître au-dessus de la mêlée, d’être M. Propre. Il se met personnellement en avant, utilisant la formule du ‘je’. » Olivier Feller, que l’on ne soupçonnera pas d’appartenir à la gauche syndicaliste, tape sur l’ego.

Si le valeureux capitaine Urs Schwaller tient tant à rester sur le pont alors que le bateau coule, c’est bien sûr le Conseil fédéral qui décidera de son sort. En particulier sa camarade de parti Doris Leuthard, elle qui jusqu’à il y a peu n’avait
aucun reproche à lui adresser.

Soyons juste, Urs Schwaller avançait un demi mea culpa en février. Il jugeait cet incident sans précédent dans l’histoire de La Poste. Une Poste « profondément secouée par un problème aux dimensions inégalées et un dysfonctionnement des organes de contrôle qui ont duré de nombreuses années ».

Dans la foulée, il a présenté ses excuses aux 60 000 collaborateurs qui souffrent de la situation, aux clients et au public, tout en maintenant sa confiance en Susanne Ruoff, « présumée innocente », la directrice générale de La Poste qui a pris la porte par la suite.

Urs Schwaller multiplie les sièges dans les conseils d’administration, dont un au Groupe Mutuel. Alors il serait peut-être temps d’envoyer une lettre de démission à La Poste, non ?

Jean-Luc Wenger, Vigousse Sàrl, CP 1499, CH-1001 Lausanne

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