La longue histoire des biens communs

null« Une compétition fait rage, à travers l’histoire de la gratuité: des communautés décidées à soustraire certains champs ou objets à la pression marchande (qu’il s’agisse de subsistance, de connaissance, de soin…) font face à un capitalisme s’efforçant de capter ces sources potentielles de nouveaux investissements. »

C’est ainsi que commence un article de la revue française Vacarme sur les nouvelles enclosures. Un terme anglais beaucoup en usage au XIXe siècle, lorsque les paysans anglais ont été chassés des terres communes – privatisées, donc entourées de clôtures – qui leur permettaient de vivre des produits des champs et des forêts. Réduits à la misère, ils n’avaient alors pour seul choix que d’émigrer à la ville et travailler dans les usines modernes de la révolution industrielle.

Le professeur interrogé rappelle brièvement cette histoire avant d’arpenter les nouvelles dépossessions des biens communs, apparues dans les années 1970. Nous les connaissons: elles provoquent la réduction des espaces qui constituent « les Communs de la terre: les océans, l’Antarctique, les forête, l’atmosphère qu’on respire ». Il parle aussi de la connaissance, des OGM, des médicaments génériques, d’Internet, des logiciels libres et de la gratuité.

Bref, un article à lire par tout défenseur des services publics sur ces « communs » tellement alléchants, parce que tellement sources potentielles de nouveaux investissements: Les biens communs contre les nouvelles enclosures.

Image: Pâture à vaches, aujourd’hui privée, autrefois commune.
Source: Wikipédia, licence Creative commons, donc gratuite.

Notre Poste, qu’est-elle devenue?

Un commentaire un peu triste, envoyé par Magali

Que dire, que faire ? Notre Poste, oui, la nôtre, enfin c’était la nôtre… Car à l’heure actuelle, nous ne sommes plus des usagers, nous sommes des clients qui ne se rendent plus dans un bureau de poste, mais dans une épicerie, dans un grand bazar où l’on vend toutes sortes de choses que normalement nous n’achetons pas à la Poste. Que fait le Conseil fédéral ? Il continue la libéralisation. Pourquoi ? Parce que l’Union européenne (UE) lui dit qu’il ne va pas assez vite. Pourtant, nous ne sommes pas dans l’UE ─ et c’est pourtant elle qui donne des ordres au Conseil fédéral. Et lui, il fait le mouton qui suit tête baissée, pour montrer qu’il est bien obéissant, comme un gentil toutou.

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C’est en France: élus et population unis contre la privatisation de La Poste!

Le démantèlement de La Poste comme service public est bien avancé, en France. Mais la résistance ne baisse pas les bras. Dans l’Aude, un département du Sud-Ouest de la France, les élus et les populations de plusieurs communes s’obstinent dans la défense du service public.

Pour obéir à l’Union européenne, le président Nicolas Sarkozy vient d’annoncer que le gouvernement allait transposer dans le droit français la troisième directive postale, un pas de plus dans la libéralisation du marché. Comme en Suisse, le service public postal d’origine français a déjà été découpé en tranches fines, réorganisé en holding; c’est plus facile ensuite à privatiser par étapes. Ainsi, cela transformerait le groupe La Poste, aujourd’hui doté du statut d’«exploitant autonome de droit public», en une société commerciale, une SA, au capital détenu par des actionnaires. L’argument des gestionnaires: la Poste française est «pénalisée» sur le plan de la concurrence, elle est «l’un des derniers opérateurs postaux européens à ne pas avoir été transformé en société par actions». En clair, La Poste SA va donner la priorité à la rentabilité des prestations plutôt qu’à la qualité des services aux usagers. Il faut bien les nourrir, ces actionnaires!

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Avec « Desperate électrices » La TSR ne respecte pas son mandat de service public

Signez la pétition : en ligne ou sur du papier.

L’Association citoyenne pour la défense des usagers du service public, ACIDUS, lance une pétition adressée à la direction de la Télévision suisse romande. Celle-ci projette, pour septembre et dans le cadre des élections fédérales, une série aux prétentions humoristiques, «Desperates électrices». Atterré par ce projet émanant d’un service d’information public, ACIDUS a décidé de réagir. La portion congrue laissée aux femmes en politique est une question importante. Elle mérite mieux que de l’information spectacle.

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La Poste ? « On lui en demande trop ! »

En matière de service public, La Poste est à la peine. Non, ce ne sont pas les membres d’Acidus qui le disent, mais bien l’organe officiel de propagande de la régie, La Poste, le journal de notre clientèle, dans son édition de juin 2007. Un certain Andreas Sturm, expert en gestion d’entreprises durables, y est interviewé avec toute la flagornerie obligée dans ce genre de publications. Il a suivi l’entreprise La Poste pendant un an, «examinant à la loupe ses prestations, son rôle social et son impact sur l’environnement».

D’abord, il a constaté que l’image de distributrice de lettres et de colis de La Poste (ça c’est bon pour les ploucs qui envoient encore des paquets à leur petit-fils et des lettres écrites à la main) a complètement disparu: 80% du chiffre d’affaires est généré par ses clients commerciaux. Par exemple, elle a créé la société MailSource en 2000, une «société du groupe» qui «ne se contente pas de distribuer le courrier aux entreprises. Elle se charge de tout leur courrier interne, du scannage et de l’archivage de leurs documents»… Et pour les usagers privés? Des «solutions standardisées.»

Car La Poste peine à assurer sa mission de service public: «On lui en demande trop», affirme l’expert. Selon lui, La Poste «aura du mal à assurer à long terme les prestations qui lui incombent et qu’elle fournit déjà, je pense notamment aux emplois dans les régions reculées. D’autant plus que l’on ne cesse de réduire la base qui sert à financer ces prestations.» Andreas Sturm ne dit pas qui est ce «on» qui ne cesse de réduire…

Enfin, on se console, il y a encore un peu d’humanité dans les entreprises privatisées. Car «La Poste essaie d’éviter les anglicismes autant que faire se peut», indique encore cette Pravda postale. Eh oui, si M. Gygi aime les bénéfices et les salaires de ministre, il n’aime pas pour autant les expressions anglaises.