Jura : Les facteurs en ont ras la casquette

Selon Syndicom, les facteurs sont contraints d’effectuer un nombre excessif d’heures supplémentaires et de travailler dans des conditions qui mettent en péril leur santé et leur sécurité. Les facteurs de l’Arc jurassien demandent des négociations immédiates sur leurs conditions de travail.

Les facteurs de l’Arc jurassien «sont pressés comme des citrons». Syndicom a déposé jeudi un mandat de plus de 300 signatures à la direction régionale de Postmail à Neuchâtel pour demander des négociations immédiates sur leurs conditions de travail.

Les facteurs exigent que la convention collective de La Poste (CCT Poste) et la loi soient respectées. Les conditions de travail à Postmail sont devenues «insupportables» dans l’Arc jurassien, affirme Syndicom dans un communiqué.

Pour répondre aux exigences de rendement, les facteurs sont contraints d’effectuer un nombre excessif d’heures supplémentaires et de travailler dans des conditions qui mettent en péril leur santé et leur sécurité, estime le syndicat.

Selon celui-ci, cette situation découle d’un manque d’effectifs dans la région et d’une pression constante à la productivité. La Poste est tenue par convention collective à un travail de quarante-deux heures pour une personne engagée à 100%. D’éventuels dépassements horaires sont cadrés par la convention collective.

Ces périodes de dépassements ne sont jamais entièrement compensées dans l’année et la durée des journées et des semaines de travail est excessive, observe le syndicat.

Quinze samedis d’affilée

Des facteurs témoignent de journées de plus de onze heures, d’autres travaillent jusqu’à 15 samedis d’affilée, pour des semaines de travail qui peuvent dépasser les cinquante heures fixées par la loi sur le travail.

La CCT demande une planification deux semaines à l’avance des jours de travail. Or, celle-ci n’est pas respectée dans plusieurs offices de distribution où l’organisation des tournées se fait au jour le jour, dénonce Syndicom.

La situation ne se limite pas à l’Arc jurassien, mais touche toute la Suisse, estime le syndicat. L’an dernier, un sondage mené auprès de plus de 1000 facteurs de Suisse a confirmé cette tendance nationale: 93,6% des participants avaient un solde d’heures supplémentaires positives à la fin 2017, allant jusqu’à cent soixante-huit heures supplémentaires.

Les personnes engagées à temps partiel sont particulièrement touchées par des dépassements réguliers de leur taux d’engagement, fermant la possibilité d’un deuxième emploi et rendant l’organisation des charges familiales très difficiles, note Syndicom.

«Nous prenons très au sérieux les préoccupations transmises et examinerons de manière approfondie les revendications formulées dans la pétition», a réagi une porte-parole de la Poste. Elle assure par ailleurs que «La Poste respecte la CCT en vigueur» qui règle en détail les modalités des conditions de travail, des horaires ou des congés des collaborateurs.

vendredi 15 février 2019 ATS, Le Courrier
KEYSTONE/PHOTO SYMBOLIQUE

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