Pas de cadeau sous le sapin pour l’AVS

Les discussions ont été vives au Parlement. Le PDC participe au torpillage en règle du versement de 370 millions sur 442 à l’assurance-vieillesse. L’heure n’est pas au compromis concernant le versement de 442 millions de francs dans les caisses de l’AVS

, un objet discuté dans le cadre du budget mis sous toit hier aux Chambres fédérales. Par 25 voix contre 16 et deux abstentions, la Chambre des cantons a refusé d’injecter cette somme dans l’assurance-vieillesse.

Un montant qui provient d’une économie réalisée grâce au refus en votation populaire de la réforme des retraites le 24 septembre 2017. Hier, à la suite d’un combat politique animé, une majorité de sénateurs, obtenue grâce au Parti démocrate-chrétien (PDC), n’a pas suivi l’accord conclu en conférence de conciliation. Une première, à notre connaissance.

La conférence de conciliation proposait d’allouer 370 millions de francs à l’AVS et 72 millions de francs au désendettement. Le National voulait à l’origine verser l’entier de la somme épargnée à l’AVS. Finalement, après le vote des Etats, ces 442 millions de francs seront intégralement affectés à la réduction de la dette.

Durcissement des fronts

«Pourquoi ce vote négatif? Cette question, vous devriez la poser au PLR, à une partie de l’UDC mais surtout au PDC qui a fait pencher la balance en faveur du rejet», répond Paul ­Rechsteiner (ps, SG). «La raison est purement politique: le PDC est vexé de sa défaite lors du vote sur la Prévoyance 2020. Il est dommage de prendre une telle décision sur le dos des ­retraités.»

Même son de cloche indigné du côté de Christian Levrat (ps, FR). Pour le sénateur fribourgeois, le fait que le Conseil des Etats désavoue un compromis trouvé en conférence de conciliation est un signe que les fronts se durcissent sous la Coupole fédérale. «On a assisté lors de ce vote à un vrai règlement de comptes de la part du PDC, affirme-t-il. En faisant en sorte de verser ces 442 millions de francs à la réduction de la dette, ils ont rejoint une partie de l’UDC et les PLR qui sont de vrais ayatollahs du désendettement.»

La base légale manque

Bien sûr, le camp PDC n’est pas d’accord avec cette explication quelque peu manichéenne. «Nous ne pouvions verser ces millions dans les caisses de l’AVS sans base légale, défend Beat Rieder (pdc, VS). Nous sommes d’avis que l’assurance-vieillesse doit être assainie mais pas de cette façon. Nous l’avons montré lors du vote sur la Prévoyance 2020 qui malheureusement a été refusée. Injecter ponctuellement 442 millions de francs n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois qui ne règle pas le problème fondamental de l’assurance-vieillesse.

C’est finalement une démarche purement populiste!» Et, finalement, pour le sénateur PDC, ce paquet d’argent n’est pas mal investi puisqu’il va à la réduction de la dette, un moyen aussi efficace d’alléger le fardeau des contribuables.

Un avis que partage Beat Vonlanthen (pdc, FR). «Il est vrai que dans le rejet par le Conseil des Etats, il faut aussi voir la manifestation d’un mécontentement, note-t-il. Mais le PDC voulait éviter de donner l’impression aux opposants à la réforme des retraites qui se sont manifestés le 24 septembre en mettant un «non» dans l’urne que nous avions déjà une solution pour assainir l’assurance-vieillesse, faisant croire à un plan B un peu facilement trouvé.» Le PDC ne mettra pas de cadeau sous le sapin de l’AVS.

Le Courrier / La Liberté, 15 décembre 2017, Pierre-André Sieber

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