La Ville de Genève s’engagera pour ses offices postaux

Le Courrier, 12 Mai 2009

Le Conseil municipal presse l’exécutif de négocier avec le géant jaune

L’exécutif de la Ville de Genève est priée par son parlement d’engager des négociations auprès de la direction de la poste pour sauvegarder les trois offices menacés sur son territoire. A savoir les bureaux des Acacias, de la Cluse et de Saint-Jean. Le géant jaune a en effet récemment dressé une liste de 420 offices postaux menacés de fermeture en Suisse. Il y a dix ans, la Ville s’était déjà fermement engagée dans la défense des postes des Acacias et de Saint-Jean, qui avaient été sauvées.

Hier, le groupe socialiste est revenu à la charge au moyen d’une résolution urgente demandant au Conseil administratif d’agir. Son texte a été approuvé sans difficulté par 51 voix contre 17. «Le directeur général de la poste s’est engagé à entendre les collectivités publiques, relève le socialiste Christophe Buemi. Il faut saisir cette opportunité maintenant et pas dans un an.» La nécessité d’un service public de proximité a été invoquée tant par les Verts que par A gauche toute (AGT). «La poste n’est pas une épicerie ou un supermarché, plaide Salika Wenger (AGT). Au-delà de ses missions, elle est un lieu de lien social et de convivialité.»
La droite, elle, s’est montrée divisée. Alors que l’UDC et les radicaux ont accepté la résolution, démocrates-chrétiens et libéraux ont fustigé une démarche «électoraliste». «Evoquer ici cette question très sensible et émotionnelle fait le bonheur de la gauche», critique Marie Chappuis (PDC). Et de pointer les évolutions «irréversibles» du géant jaune: «Alors que le trafic de courrier a baissé de 40%, la poste peut difficilement maintenir des structures identiques.» Au final, le maire Manuel Tornare a salué cette «piqûre de rappel» adressée à l’exécutif. Tout en soulignant que le Conseil administratif «était déjà probablement le plus déterminé de Suisse dans la défense des postes de quartier…» Un débat pour rien?
MARIO TOGNI

2 commentaires à “La Ville de Genève s'engagera pour ses offices postaux”


  1. 1 René 26 mai 2009 à 3:45

    La libéralisation du marché postal conduit couramment au chômage, à des attaques contre les conditions de travail et à la détérioration des services fournis aux clients. La recherche d’UNI Poste (syndicat mondial des compétences et des services, basé à Nyon) & Logistique Global Union est basée sur des études de cas dans 13 pays du monde (dont la Suisse), dont certains connaissent déjà la libéralisation depuis de nombreuses années et d’autres qui oeuvrent toujours pour tenter de l’éviter. Un des principaux enseignements : la théorie économique en faveur de la libéralisation ne tient pas la route dans le secteur postal. En effet, il y a peu de concurrence sur les marchés postaux libéralisés, les nouveaux arrivants obtenant de 0,1% à 10% des parts de marchés. De plus, il existe très peu de concurrents à l’opérateur traditionnel, en général entre un et quatre.

    Pour ce qui est de l’emploi, le syndicat a constaté d’énormes suppressions d’emplois causées par le processus de libéralisation (privatisation, restructuration, automatisation), une détérioration des conditions de travail chez les opérateurs postaux concurrents, des conditions de travail de plus en plus précaires en raison de l’augmentation des formes de travail atypique, les coupes dans les salaires et le dumping salarial. Voilà donc ce que la libéralisation postale a apporté.

  2. 2 Andrea Eggli 6 juin 2009 à 5:04

    Merci, René, pour vos précisions. Nous sommes tout à fait d’accord et pouvons imaginer que toutes les autres libéralisations et privatisations du service public qui suivent, vont apporter la même chose. Raison pour laquelle nous nous y opposons.

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